Lebrun.                                     41
dre du Roi. Et du confentemeht de ladite demoifelle Lebrun, la clef de fon appartement eft reftée ès mains de la nommée Marguerite Dervaux, fa do-meftique, et après toutefois avoir fait perquifition dans toute la maifon de la perfonne de la nommée Saint-Laurent, et qu'elle ne s'eft pas trouvée. Dont et de tout ce que deffus, nous avons fait et dreffé le préfent procès-verbal. Signé : Madelon Lebrun ; Dunand ; Delavergèe ; Rafron.
Interrogatoire de Madeleine Lebrun, au. For-Ï'Évéque :
Du mardi 23 juillet 1748, dix heures du matin.
Enquife de fon nom, furnoms, age, qualité, pays et demeure î
A répondu, après ferment par elle fait en tel cas requis, fe nommer Marie-Madeleine Lebrun, fille, âgée de 19 ans, danfeufe à l'Opéra-Comique et re-préfentant les ballets, native de Paris, y demeurante rue St-Honoré, paroiffe St-Roch, et de préfent détenue ès prifons du For-1'Ëvèque.
Enquife de quand elle eft entrée a l'Opéra-Comique, et qui eft-ce qui lui a procuré une place à cc fpectacle ?
A répondu y étre entrée par engagement avec les directeurs le 28 juin dernier ; que c'eft le lieur Thibault, qui tient les regiftres, qui l'y a en­gagée.
Enquife ce qu'elle faifoit auparavant d'entrer à ce fpectacle ?
A répondu qu'elle travaillait en linge.
Enquife fi elle a père et mère, et ce qu'ils font et où ils demeurent ?
A répondu avoir père et mère, fadite mère, marchande dc marée au cimetière St-Jean, et fon père travaillant fur le port, demeurant rue de la Mortellerie au Heaume.
Enquife combien il y a de tems qu'elle a quitté fés père et nière et pour­quoi ?
A répondu qu'il y a tout au plus deux ans qu'elle Ies a quittés pour fe mettre à travailler.
Enquife fi fon travail de linge lui donnoit de quoi vivre, et fi elle n'avoit perfonne qui lui faifoit plaifir ?
A répondu qu'il eft vrai que fon travail ne lui fuffifoit pas pour la faire vivre ; qu'elle a eu une perfonne qui l'a entretenue pendant 18 mois.
Enquife depuis quand elle demeuroit avec la demoifelle Saint-Laurent, et comment elle en a eu connoiffance ?
A répondu qu'à la fin d'avril dernier, étant perfécutée et pourfuivie par le fleur de Chedeville, qui la voyoit depuis la première femaine du carême der­nier, elle fit porter fés meubles rue Richelieu chez le fieur Godeau, avec d'autant plus dc raifon que ledit fieur Chedeville, qui eft marié et a des en­fans, vouloit la forcer à aller boire et manger avec fa femme, et coucher dans la mème maifon; ce à quoi elle n'a pas confenti. Et dans la maifon dudit fieur Godeau elle y a fait connoiffance de la demoifelle Saint-Laurent, qui y demeuroit lors, et ladite Saint-Laurent ayant loué l'appartement qu'elle, occupe à préfent, rue St-Honoré près l'hôtel de Noailles,-au demi-terme du